Les femmes en TIC

Voici Naomi Black.



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Profession : directrice de l’ingénierie, accessibilité
Employeur: Google
Citation mémorable : « Ne pas réussir à faire quelque chose de difficile peut être plus formateur que réussir à faire quelque chose de facile. »

Pour Naomi Black, sa vie professionnelle se résume en trois mots : Passion, défi et entraide. Que cela soit pour son dévouement à aider les personnes handicapées, sa passion pour la technologie ou les efforts qu’elle déploie dans son travail, Naomi Black est une femme qui a une vie et une carrière qui valent la peine d’être connues. Elle a pris le temps de nous parler des fonctions qu’elles exercent actuellement chez Google et de nous expliquer en quoi son travail est gratifiant.

Quelles sont vos fonctions actuelles ainsi que vos activités quotidiennes?
Mon titre actuel est directrice de l’ingénierie, accessibilité. Mon travail consiste à aider les ingénieurs en logiciel à comprendre les besoins des personnes handicapées et à faire en sorte que ces ingénieurs disposent du plan et des ressources nécessaires pour fabriquer des produits accessibles. En dehors de mon travail chez Google, je rencontre des aveugles, des sourds et des personnes ayant diverses déficiences pour leur expliquer comment fonctionnent nos produits et avoir des idées sur les nouvelles fonctions que nous pourrions créer. Je dirige une équipe composée d’ingénieurs, d’experts en convivialité et de gestionnaires de produit.

Quels sont les diplômes dont vous êtes titulaire (le cas échéant)?

Je suis titulaire d’une maîtrise en astronomie de l’Université York, d’un baccalauréat spécialisé en physique de l’Université Bishop’s et d’un DEC du Collège Champlain de Lennoxville. J’ai fait mes études primaires et secondaires en français.

Quel parcours avez-vous suivi pour arriver à occuper votre poste actuel?

Je suis devenue scientifique parce que je voulais savoir comment les choses fonctionnent et comprendre les liens qui existent entre les idées. Je ne savais pas qu’il existait d’autres carrières techniques. À l’école, j’ai suivi de nombreux cours de mathématique et de science, car c’étaient les cours les plus durs et les plus intéressants. J’étais emballée par l’astronomie, mais je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire. Je me suis lentement rendu compte que, même si j’aimais utiliser et comprendre la technologie, devenir astronome ou prof de science ne me disait rien qui vaille. J’ai donc commencé à chercher un emploi qui me permettrait d’étudier et de résoudre des problèmes techniques ainsi que de travailler avec les gens. Avant de me joindre à Google, j’ai travaillé dans quelques petites entreprises pour acquérir de l’expérience et approfondir mes connaissances. J’adore travailler chez Google, car cela me permet de me mesurer à des problèmes aussi complexes qu’intéressants, et de mettre Internet à la portée de millions de personnes.

Quel a été le moment le plus décisif de votre carrière?

C’est le moment où j’ai compris que j’aimais l’astronomie, mais que pour rien au monde je ne voudrais devenir astronome. Je crois qu’abandonner le domaine de la science a été la décision la plus difficile de ma carrière. Toutefois, j’ai découvert l’existence d’autres métiers techniques dans lesquels j’étais bonne et j’ai fait une carrière dans ce domaine. J’adore diriger une équipe d’experts techniques dans le but de trouver des solutions aux problèmes auxquels se heurtent les personnes handicapées. Je résous chaque jour de nouveaux problèmes.

Que trouvez-vous le plus gratifiant dans votre travail?

Dans mon travail, j’ai beaucoup d’autonomie et de responsabilités et je décide de mon emploi du temps. Dans une entreprise de la taille de Google, lorsque je fais vraiment du bon travail, cela peut faciliter la vie de millions de personnes. J’aime aussi beaucoup rencontrer des personnes handicapées et savoir que nos produits les aident.

Dans votre métier, quelles sont les qualités les plus importantes?

Il est important de savoir improviser et de bien connaître la technologie, ainsi que le processus de développement d’un logiciel. Bien que je n’écrive pas souvent du code, il faut que je le comprenne pour pouvoir aider les membres de mon équipe à résoudre les problèmes. Pour être gestionnaire, il faut avoir de l’entregent et des facilités à exprimer clairement sa pensée à des personnes de différents niveaux, qu’il s’agisse d’utilisateurs n’appartenant pas à l’entreprise ou d’experts techniques, de vice-présidents principaux et des directeurs travaillant chez Google.

Les gens pensent souvent à tort que les TIC sont ennuyeuses. Pouvez-vous nous donner un exemple montrant que votre travail N’est PAS ennuyeux?

Mon travail change tout le temps : il évolue comme les technologies que nous développons. J’adore apprendre chaque jour quelque chose et créer des choses que les gens utilisent dans leur quotidien.

Selon vous, pourquoi les femmes sont-elles si peu nombreuses dans le domaine des TIC?

Pour une fille, il peut être difficile de se voir travailler dans le secteur des TIC, car c’est un milieu dans lequel les femmes ne sont pas très nombreuses. Il existe beaucoup de professions intéressantes axées sur la technologie dont on ne soupçonne même pas l’existence lorsque l’on est étudiant. Ce n’est pas parce qu’une profession ne nous convient pas qu’il faut baisser les bras, car il existe une foule de métiers pouvant convenir aux personnes brillantes attirées par la technique. Je suis vraiment contente d’avoir eu des mentors qui m’ont incitée à regarder les autres carrières techniques qui s’offraient à moi, lorsque je me suis rendu compte que je ne voulais pas suivre la voie de la science pure.

Pourquoi pensez-vous que les filles devraient acquérir des compétences en TIC?

La technologie dont nous nous servons tous les jours évolue à vitesse grand V. Par conséquent, acquérir des compétences en TIC permet de se préparer à exercer une profession qu’il est encore impossible de concevoir. Car, acquérir des compétences en TIC ne nous permet pas seulement de savoir comment faire quelque chose, cela nous enseigne comment apprendre à faire de nouvelles choses.

Pouvez-vous donner cinq professions liées aux TIC susceptibles d’intéresser nos lectrices?

  1. Chargée de la promotion auprès des développeurs
  2. Ingénieure en logiciel
  3. Chercheuse en expérience client
  4. Conceptrice de l’expérience utilisateur
  5. Rédactrice technique

Si nos lectrices souhaitaient faire une carrière comme la vôtre, que leur conseilleriez-vous?

À l’école, suivez les cours les plus difficiles et les plus intéressants que vous pouvez. N’étudiez pas seulement ce qui, selon vous, pourra vous servir « plus tard ». Tenez également compte de vos passions. La manière dont vous voulez travailler est aussi importante que le domaine : si vous aimez travailler avec les gens, choisissez une profession dans laquelle c’est un point fort. Il ne faut pas avoir peur de changer de carrière. On se rend parfois compte que ce qui nous intéressait il y a cinq ans n’est pas quelque chose qu’on envisage de faire ad vitam æternam. Ce n’est pas un mal, car cela peut mener dans des lieux étonnants. Il ne faut pas non plus avoir peur de l’échec, car ne pas réussir à faire quelque chose de difficile peut être plus formateur que réussir à faire quelque chose de facile.

En quelques mots, comment pourriez-vous inciter les jeunes femmes à se diriger vers le domaine des TIC?

J’adore cette citation d’Eleanor Roosevelt : « Faites chaque jour quelque chose qui vous effraie. »